La Gestion souple des dunes, une adaptation constante pour accompagner les évolutions du trait de côte.
Résumé
1 – Les missions de l’ONF sur le littoral
L’ONF est gestionnaire de 100 000 ha de dunes et forêts littorales. L’établissement réalise une gestion multifonctionnelle sur plus de 500 km de dunes. Gestion et techniques héritées des grands travaux de stabilisation des dunes atlantiques par les eaux et forêts.
C’est une gestion basée sur la limitation de l’érosion éolienne et la préservation de la biodiversité, avec des techniques utilisant les processus naturels.
Action essentiellement financée par la MIG Dunes du Ministère de l’Agriculture et de l’Alimentation.
2 – Le rôle des dunes dans la modération des risques littoraux
Au-delà de leur valeur patrimoniale et de la biodiversité exceptionnelle qu’elles possèdent, les dunes sont un réservoir de sables qui contribuent aux échanges sédimentaires avec la plage. Elles sont un rempart naturel face aux assauts de l’Océan. Si elles ne peuvent avoir la résistance des ouvrages en dur face à l’érosion marine, elles ont une force de résilience très importante. Le rôle de l’ONF est d’accompagner la reconstruction des fronts dunaires. Les dunes peuvent aussi jouer un rôle contre la submersion en participant aux systèmes de d’endiguement. L’ONF apporte une gestion spécifique à ces systèmes.
Enfin, ces dunes peuvent parfois créer un risque d’ensablement de biens par la mobilité du cordon littoral à proximité immédiate d’espaces urbanisés. Une gestion tournée vers la stabilisation des sables est alors nécessaire.
3 – Les fragilités actuelles des systèmes dunaires atlantiques
Sur certains secteurs présentant des conditions dynamiques défavorables, les dunes littorales non boisées sont réduites. En particulier, l’érosion marine durable et la faible mobilité des systèmes dunaires entrainent une réduction des cordons sableux. Ces phénomènes créent des modifications durables des paysages et des écosystèmes.
Le rôle modérateur des dunes est altéré.
4 – Les réponses adaptatives à mettre en œuvre
La gestion des dunes par l’ONF a déjà connu des adaptations. Après les reprofilages systématiques des années 1960-1980, la réflexion avec l’appui des scientifiques a permis de faire évoluer cette gestion vers une gestion souple prenant en compte la dynamique naturelle et la biodiversité.
C’est encore aujourd’hui grâce à ces partenariats gestionnaire-scientifiques que nous pourrons adapter cette gestion face à ces nouveaux enjeux.
Le maintien des dunes fragilisées passe par une remobilisation contrôlée des systèmes. Retrouver la robustesse du système, c’est lui permettre de se translater. Cette translation permettra de retrouver un profil dunaire plus favorable au stockage de sédiments et à la limitation de l’érosion marine du front Ouest.
Pour pouvoir mettre en place cette gestion différenciée, il est nécessaire de connaitre l’état des cordons dunaires domaniaux à l’échelle de la façade atlantique, mais aussi de comprendre les phénomènes dynamiques qui régissent la mobilité des dunes végétalisées.
Sur le volet état des lieux, un atlas va être réalisé en 2020 par l’ONF en prenant en compte des TC prédictifs et la géomorphologie des dunes. Cet atlas fera appel aux compétences des partenaires universitaires et du BRGM.
Sur la question des mécanismes dynamiques, des études sont en cours avec l’Université de Bordeaux. Le projet SONO de l’ANR permet notamment de comprendre la dynamique éolienne sur des dunes végétalisées, de mieux comprendre les mécanismes destruction /reconstruction sur les dunes à la réponse de la végétation à la perturbation.
Afin de suivre l’évolution des dunes remobilisées en fonction des caractéristiques du milieu, un réseau de sites en libre évolution voit le jour. IL permettra non seulement d’améliorer la compréhension des phénomènes mais aussi d’apporter à la communauté scientifique des espaces de recherche.
Enfin, l’ONF va étudier la résilience végétale des dunes mobiles afin d’assurer, dans des systèmes restaurés, une reprise végétale optimale. Des essais sur la connaissance de la banque de graines présente dans les sables, et sur la réalisation de semis seront réalisés en 2020.
L’ONF espère aussi travailler avec des partenaires européens sur ces thématiques qui sont présentes sur une grande partie des façades maritimes européennes au travers de projets de coopération transfrontalière.
C’est par cette réflexion que la gestion adaptative des littoraux sableux pourra répondre au mieux aux évolutions actuelles et la préservation des cordons dunaires face aux changements climatiques.

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