Suivis géomorphologiques des systèmes dunaires sur l’île d’Oléron
Résumé
Le sud de l’Ile d’Oléron est l’un des secteurs en France où le recul du trait de côte est le plus important. Afin de gérer au mieux cet aléa érosion, il est nécessaire de connaître précisément les sites les plus vulnérables afin d’appliquer des modes de gestion adaptés.
Une approche à partir d’images par drone et photogrammétrie a été développée pour caractériser à fine échelle les évolutions morphologiques saisonnières (variations de la topographie et évolution de la position du trait de côte) dans différentes configurations (secteurs plus ou moins urbanisés, avec ou sans restauration de l’avant-dune). De cette approche largement éprouvée sur de tels environnements, sont extraites des mesures extrêmement précises de l’ordre du centimètre.
Un premier suivi saisonnier par drone a été effectué depuis 2017 sur des secteurs urbanisés de l’île d’Oléron, où l’exposition des enjeux humains bâtis est importante. Le cordon dunaire y est plus étroit mais il constitue tout de même une « barrière naturelle » contre les submersions marines (constat réalisé notamment suite à la tempête Xynthia en février 2010). Néanmoins, ce service de protection des systèmes dunaires varie fortement dans l’espace et dans le temps.
Un deuxième suivi a eu lieu sur le sud-ouest de l’ile d’Oléron, sur la pointe Gatseau, plus naturelle et où les enjeux anthropiques sont moindres (seulement le petit train d’Oléron). Des brèches se sont formées lors de l’hiver 2013-2014 et depuis, l’eau de mer pénètre régulièrement à l’intérieur de l’ile, sur l’extrême sud de l’ile. Un peu plus au nord, ce sont des dunes de 4-5m de hauteur qui bordent la plage, parfois très étroite et qui peut disparaitre entièrement à marée haute.
Pour limiter cette érosion, quelques actions sont menées par l’ONF pour piéger le sable et reconstituer la dune ou combler les brèches sur la partie sud. Sur le secteur anthropisé, des actions mises en place dans le cadre du PAPI visent à maintenir ou restaurer cette fonction de protection (installation de casiers de ganivelles pour reconstituer l’avant-dune, canalisation des sentiers dunaires pour diminuer l’érosion éolienne, etc.).
Les résultats de ces suivis permettront de discuter de la capacité de réponse morphologique des systèmes côtiers étudiés (impacts des tempêtes hivernales vs. périodes de réajustement) et du rôle des actions de restauration.  En parallèle, un travail sur la transmission d’une information spatialisée, plus facilement utilisable par les gestionnaires du littoral a été réalisé. Des géo-indicateurs ont ainsi été calculés à l’échelle d’une boite de 20 m*100* pour permettre d’identifier les secteurs les plus vulnérables où une intervention peut être nécessaire.
Mots clés : système plage-dune ; évolution saisonnière ; suivi par drone ; Ile d’Oléron

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